Le "Roi Lion" à Mogador

Publié le 5 Octobre 2007

le-roi-lion.jpgEtaient présent hier soir à la Première
Henri Salvador, Alain Chamfort, Marie-Anne Chazel, Mathilda May, Marisa Berenson, Michel Blanc, Patrice Leconte, Philippe Candeloro, Pierre Palmade, Roman Polanski, Zabou Breitman, Bernard Monteil, Cyrielle Claire, Eric Serra, Laurent Boyer, Magloire, Sarah Marshall, Karl Zero, Shirley & Dino
 
Le Théâtre Mogador à Paris célèbre avec faste sa rénovation en accueillant "Le Roi Lion", adaptation française du spectacle plein d'invention visuelle de l'Américaine Julie Taymor, qui règne par un art subtil du masque et de la marionnette sur une faune très humaine.
 
La première du gala, avait lieu hier jeudi soir, ce "musical" de Broadway produit par Disney en 1997 d'après son dessin animé de 1994 a été précédé d'une rumeur flatteuse.
 
Tout laisse d'ailleurs présager que le succès sera au rendez-vous à Paris pour cette production aux six Tony Awards (les récompenses de Broadway) qui a déjà conquis, selon ses promoteurs, 42 millions de spectateurs dans neuf pays, et fêtera en novembre ses dix ans à l'affiche du Théâtre Minskoff de New York.
 
Le spectacle raconte le combat du lionceau Simba pour accéder à son rang de roi des animaux, un destin contrarié par les ambitions de son oncle maléfique Scar, qui a tué le Roi Lion Mufasa et sévit sur ses terres.
 
Si Julie Taymor est restée fidèle au scénario du film d'animation, elle a fait le choix heureux de s'en éloigner en proposant un spectacle tous publics soulignant la dimension de fable initiatique du récit sans en gommer les aspects les plus comiques.
 
Dès le premier tableau, le regard du spectateur est happé par son fantastique bestiaire.
 
Devant la difficulté de traduire sur les planches les scènes en cinémascope (fuite des gnous, hyènes par centaines...), Julie Taymor a opté pour une stylisation futée. Ici, les antilopes se déplacent sur une étrange machine à cycles, les oiseaux volent au bout de lances, la girafe est portée par un homme sur échasses, les larmes des lionnes coulent en rubans...
 
Formée au mime à l'école Jacques-Lecoq à Paris et initiée au bunraku (marionnettes japonaises), la réalisatrice de "Frida" rappelle qu'elle est surtout une metteur en scène de théâtre curieuse et cultivée, dont l'inventivité peut s'exprimer dans la cage de scène modernisée de Mogador.
 
Julie Taymor excelle dans l'utilisation du masque, qui ne dissimule jamais le visage pour mieux mettre en lumière la part d'humanité de chacun, mais aussi dans le recours à la marionnette (le calao Zazu, le suricate Timon et le phacochère Pumbaa, hilarants) et à un théâtre d'ombres très poétique.
 
Le producteur parisien du "Roi Lion", Stage Entertainment France, a confié l'adaptation française du spectacle à Stéphane Laporte, déjà remarqué dans "Un violon sur le toit" et auteur de dialogues plutôt savoureux.
 
La troupe d'acteurs-chanteurs-danseurs est inégale, mais portée par le jeu très fin d'Olivier Breitman (Scar) et le chant perçant de Zama Magudulela (le singe-sorcier Rafiki), authentique artiste zouloue.
 
Quant à la partition, jouée en fosse par un orchestre modeste, elle pourra décevoir: même assaisonnée par les arrangements du Sud-Africain Lebo M, la musique d'Elton John reste un brin sirupeuse, surtout quand elle est interprétée dans une esthétique vocale que la Star Academy ne renierait pas.

Rédigé par Carospears

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